Objectif : le rester… (objectif)

Clément, Corinne, Gaël et les autres…

Faust, par la Fabrique-Opéra Val-de-Loire, c’est époustouflant. Fabuleux. Merveilleux. Magique. Émouvant. Grandiose. Fin. Incroyable. 

L’orchestre est sidérant (au point que plusieurs fois, durant la représentation, je l’ai « oublié »). C’est incroyablement en place, juste et on sent que chacun sait pourquoi il joue ce qu’il joue et qu’en plus, il aime ça  ! 

Le chœur (décapant !) est d’une rare qualité (j’ai compris toutes les paroles, j’ai ri, j’ai pleuré… j’ai trop kiffé !). On pourrait presque croire qu’ils (solistes et choristes) ont tous fait une école de comédies musicales tellement ils sont à l’aise scéniquement et vocalement.

N’oublions pas les solistes, tous aussi impressionnants les uns que les autres, à fond dans leur rôle mais toujours au service du collectif, comme en témoignent les passages en trio ou en quatuor qui sont ici somptueux alors que très souvent, ce pourrait être un carnage… (« C’est à bâbord, qu’on g…, etc. »)

Et la mise en scène, en toute objectivité – et je sens que vous ne me croyez pas, mais il le faudrait –  est certainement la plus incroyable mise en scène qu’il m’ait été donné de voir (je ne parle pas des autres productions de la Fabrique, mais de TOUS les opéras que j’ai pu voir. Objectivité maximum, mais vous ne me croyez toujours pas…).
Gaël a réussi à décaler parfois le point de vue en restant absolument fidèle à la pièce, à alléger un livret qui aurait pu être lourd. On aime tous les personnages, on y croit (ce qui est tout de même dingue quand on connaît la fin !) et le spectacle passe à une vitesse folle. 

Les costumes sont magnifiques. Parfois l’émotion naît du costume. Je ne me souviens pas avoir déjà vécu ça. Le décor est parfait. Efficace, malin, mais avec Ludovic Meunier, on commence à en avoir l’habitude !

Bref, vous avez compris, j’ai adoré. 

Bravo à tous, merci à chacun pour son engagement dans ce projet parfait !

____ 

Je vais essayer de rester objectif mais quand même, je voulais ajouter un truc…

Je l’ai déjà dit plusieurs fois (chaque année peut-être) : mon frère est un génie. Sur le plan musical, bien sûr (juste un exemple : aucun rallentendo ne sera aussi bien mené que par lui. Vous pouvez comparer avec les plus grands chefs, c’est Clément le roi du « petit ralenti qui fait frissonner »), mais aussi sur le plan humain. Un gars aussi débordant, avec un cœur tellement plein, que l’intérêt général primera toujours sur le reste… c’est précieux ça !

J’ai déjà aussi écrit plusieurs fois à quel point j’étais heureux et fier d’avoir réussi à convaincre Corinne de venir travailler avec nous (pardon les Tarnais…). Sa capacité à savoir nous emmener bien au-delà de ce que l’on croyait savoir faire, son esprit de synthèse hors du commun (en cas de doute, on demande à Corinne. Elle saura), son incroyable énergie dans le travail… Ouaouh ! En plus de ça, Corinne est comme un grand Bordeaux (chacun son truc, moi, c’est le vin) : chaque année de plus la rend encore meilleure. Et lorsqu’on connaît son « millésime », on sait que ça ne va pas s’arrêter de sitôt !
J’ai l’habitude de dire à propos de Corinne que j’ai beau savoir à quelle point elle est forte, je suis toujours épaté du résultat. Hier, ça n’a pas loupé. 

Idem pour Gaël, avec qui j’ai la joie de travailler depuis plus de 25 ans. Je connais par cœur sa sensibilité (il est capable de sortir d’une conversation – pouf ! Il n’est plus là ! – juste parce que comme il a plu, l’odeur sur la route lui rappelle des sensations anciennes), son inventivité, sa culture, sa gentillesse, son sérieux, etc. Mais sa mise en scène de Faust m’a emporté, m’a fait décoller au delà de ce que j’aurais pu imaginer. Et je l’avoue : j’ai pensé à lui les deux premières scènes puis après, j’ai été happé par le spectacle. Je me suis jamais dit : « ah quelle trouvaille ingénieuse ! » ou « sacré Gaël, encore un bon truc ! ». Jusqu’à la fin.
Ce n’est que ce matin que j’ai compris qu’en plus de son extraordinaire talent, la qualité la plus caractéristique de Gaël, c’est l’humilité. Son travail est au service de la pièce, bien sûr, mais aussi au service de chacun des participants (malgré le sujet diabolique, c’est la joie d’être sur scène qui transpire de l’ensemble), et bien entendu au service du public, heureux lui aussi d’être là. 

Il reste des places ce soir et demain. 

J’y retourne les deux fois ! Pas vous ? (pour réserver, cliquez ici)

(photo Nicolas Ruellé)

1 Response
  1. Sylvie Pierrard

    A te lire Julien et parce que j’ai le plaisir de chanter sous la direction de Corinne dans les chœurs parisiens je ne doute pas une seconde de tout ce qui est dit. Il y a parfois des moments où je regrette d’habiter si loin et de ne pouvoir participer à cette merveilleuse aventure mais je suis très contente de venir assister au spectacle et j’ai de plus en plus hâte d’y être. Vivement demain après midi

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