Tout est lié – Vœux pour l’année à venir

En ce début d’année, j’ai envie de partager un souhait :

Ce que nous vivons à La musique de Léonie me confirme chaque jour une chose : un projet culturel pleinement partagé n’est pas une idée abstraite, mais une aventure collective, vivante, contagieuse — à condition qu’on la fasse circuler.
J’aimerais tellement que cette façon de faire dépasse encore nos murs, qu’elle se propage.
Pas seulement dans les activités artistiques, mais partout où l’on travaille ensemble : dans les administrations, les commerces, les lieux d’enseignement, de soin, et bien au-delà.

Pour toute l’équipe de La musique de Léonie, une chose est essentielle : tout est lié.

À l’heure où beaucoup de propositions culturelles se présentent comme des services « clé en main », nous continuons à défendre une autre idée : celle d’un projet qui se construit avec celles et ceux qui y participent.

Un chœur n’est pas isolé d’un spectacle.
Un concert n’est pas déconnecté d’un disque.
Un atelier avec des enfants n’est pas sans lien avec une création destinée aux adultes.
Ce que nous faisons prend sens dans l’ensemble, dans la circulation entre les projets, dans les échos qu’ils se renvoient.

Ce que j’aimerais, plus largement, c’est que pour tous les concerts liés à La musique de Léonie, chacun puisse se sentir investi d’une petite mission : de partager l’information, de dire autour de soi : “viens, j’y serai, c’est important pour moi”.

On le voit déjà, on le vit concrètement lors des journées festives que nous organisons, où trois, quatre, parfois cinq (!) concerts s’enchaînent, avant que tout le monde se retrouve autour d’un repas partagé. Là, les frontières tombent naturellement.

En ce moment, Clément et moi jouons L’aventure du petit flûtiste de rien du tout chaque mercredi. Nous avons bien du mal à remplir le théâtre de la Comédie St-Michel. Je rêve d’un monde où chaque enfant, chaque choriste qui chante mes œuvres — au sein de La musique de Léonie ou ailleurs — aurait ce réflexe simple et joyeux d’embarquer avec lui ses amis, sa famille.
Un monde où chacun saisirait l’importance de partager ce qu’il a vécu : en en parlant autour de lui, en écrivant quelques lignes, en déposant, quand c’est possible, un commentaire sur le site de réservation, en faisant circuler l’information dans ses réseaux — amicaux, familiaux ou professionnels.
Un monde où l’on “harcèlerait” gentiment ses proches pour leur dire : viens voir, c’est important pour moi.
Un monde où ces amis, ces familles, une fois venus, auraient envie de revenir… puis d’emmener d’autres personnes encore.
Où cela ferait naître, presque naturellement, des sorties de classes, de conservatoires, de groupes.
Non par devoir.
Mais par élan.

Il m’arrive de me demander si donner tout ce temps, toute cette énergie, a vraiment un sens.
Et, malgré le doute, la réponse, depuis désormais plus de vingt ans, est toujours la même : oui !

Car beaucoup ne considèrent pas leur participation au chœur ou à un atelier comme un simple loisir, mais comme un projet. La distinction est importante : Un loisir se vit sur le moment, un projet se construit dans le temps.

Un loisir peut être modulable, intermittent, adaptable aux contraintes du quotidien.
Un projet, lui, demande une continuité, une vision, une forme d’engagement partagé — même discret, même imparfait.

Ce que nous construisons n’est pas une simple addition d’activités culturelles.
C’est un projet global, dans lequel la culture, l’intelligence et l’exigence circulent entre des publics très différents : de très jeunes enfants, des adultes amateurs, des professionnels.

Il est probable que certains ne fassent pas exactement cette différence. Ce n’est ni un tort, ni une erreur. C’est sans doute parce que nous n’avons pas toujours trouvé les mots pour clarifier tout cela.

D’autant plus qu’un projet fonctionne souvent d’autant mieux que ce qui le rend possible reste invisible.
Les répétitions ont lieu, les concerts existent, les spectacles se montent — et tout semble aller de soi.

Derrière cette fluidité apparente, il y a pourtant une réalité faite de temps, d’énergie, d’arbitrages, de projets qui se chevauchent, d’urgences et de choix.
C’est l’occasion de saluer ici le travail musical et pédagogique de Corinne Barrère et Anne Goniaux. Co-directrices de la musique de Léonie, c’est sur leurs épaules que notre structure repose et tient encore à peu près le cap !

Pour donner un ordre de grandeur : dans notre structure, ce sont plus de 70 projets différents chaque année. Ce chiffre ne dit pas une performance, mais l’ampleur de ce que nous essayons de faire tenir ensemble.

À La musique de Léonie, demander de l’aide sur un projet — relayer une information, inviter des proches, venir un peu plus tôt, rester un peu après — n’est pas pensé comme une contrainte, mais comme une façon naturelle de faire partie de l’aventure.
C’est souvent dans ces petits gestes-là que le projet prend toute sa dimension.
Chacun peut se dire : ce projet existe aussi grâce à moi, même un tout petit peu.

(Pour être tout à fait honnête – et au risque d’en rajouter une petite couche – il est sans doute encore possible de progresser sur un point très concret : faire circuler l’information. 😉)

Pour cette nouvelle année, j’aimerais que nous continuions ainsi — et même que nous amplifiions ce sentiment d’appartenance à une aventure commune.
Que chacun s’y sente libre, légitime, et fier de contribuer — à sa mesure — à quelque chose qui le dépasse un peu.

Et si cette idée vous parle, si cette manière de faire résonne, et que vous n’êtes pas encore adhérent, si vous ne faites pas partie pour l’instant de La musique de Léonie, alors prenez contact ! Peut-être que nos chœurs, nos spectacles et nos créations sont aussi faits pour vous.
La porte est ouverte.

Pour cette nouvelle année, je ne nous souhaite pas seulement de beaux projets, mais de continuer à les vivre ensemble —
et de prendre, chacun à sa manière, part à leur circulation et à leur élan.

✨ Bonne année à toutes et tous !
La musique de Léonie se construit avec chacun de vous. ✨

 

Julien

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1 Response
  1. Marchal Jocelyne

    Merci Julien pour ton talent, ton investissement et tout le bonheur que tu nous apportes. N’aies pas de doutes, tu sèmes le bonheur parmi ton public et tous ceux qui ont adhéré à la musique de Léonie.
    Tu apportes une connaissance de la musique comme personne et, c’est vrai, on se demande pourquoi tu n’es pas plus célèbre….
    J’espère pouvoir encore assez longtemps participé au chœur amateur et remercie également Corinne pour son professionnalisme.et son investissement. Merci aussi à tous les membres du bureau.
    Très bonne année à toi et toute ta famille.

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