Comme à la maison !

La première de LA BELLE HÉLÈNE au Zénith d’Orléans, c’était une fête entre amis. Une fête réussie et dont on a tellement besoin !

Depuis plusieurs années, j’écris un petit texte au lendemain du spectacle de la Fabrique Opéra Val de Loire.
Mais cette année, je manque de temps… Je vais aller au plus simple.

Hier soir, nous étions près de 4000 dans un Zénith.
Et pourtant, à plusieurs moments, j’ai eu l’impression d’être dans un petit théâtre de quartier.

Ça paraît impossible, trop d’effets, trop de lumières, trop de gens, de son, etc. Mais je vous assure, c’était presque comme une fête « à la maison ». 

Je ne sais pas comment ils font.
C’est peut-être ça, finalement, le miracle de cette équipe.

On pourrait parler de tout ce qui est impressionnant. Et il y a de quoi faire :

Un chœur extraordinaire, dirigé par l’infatigable Corinne Barrère, qui me stupéfie depuis plus de vingt ans sans jamais donner le moindre signe de ralentissement. Je commence à trouver ça suspect. Ou alors, il faut s’inquiéter sérieusement…
Vraiment, le travail du chœur est ahurissant. Ce qui frappe, au-delà de la précision, c’est l’engagement total. Rien n’est laissé au hasard, mais rien ne paraît contraint. Ils chantent, ils jouent, ils vivent chaque instant. Et surtout, ils nous embarquent. On ne les regarde pas, ils sont là, et nous sommes avec eux.

Un orchestre magnifique, porté par une énergie collective de folie. On entend le bonheur de jouer. C’est rarissime, ça. Des ensembles de cette qualité qui donnent l’impression d’une bande de copains réunis autour d’une même joie musicale, je n’en connais pas tant que ça.

Et puis Clément. Bon. Il n’y a rien à faire, je vais encore me faire accuser de manquer d’objectivité, mais je suis désolé : mon frère est un génie. Voilà. Il respire la musique, bien sûr, mais aussi l’envie de partager, d’inviter tout le monde au festin préparé avec l’équipe.

Les solistes sont épatants.
Tous capables d’affirmer une personnalité très forte tout en restant profondément au service du collectif.

On a vraiment le sentiment d’assister au travail d’une troupe. Une vraie.
Alors même que, en réalité, tout se renouvelle chaque année. 

Les costumes de Paula Dartigues, comme chaque année, sont magnifiques (j’ai vu passer le formulaire qui demande aux choristes s’ils veulent garder leur tenue. Maintenant que j’ai vu de quoi il s’agissait, je comprends qu’ils souhaitent les garder en souvenir !), et la scénographie de Ludovic Meunier a certainement donné une claque à plus d’un. Réussir des colonnes grecques à la fois les plus légères et les plus imposantes qui soient, c’est un vrai tour de force.

À chaque instant, on aurait envie d’immortaliser l’image tellement c’est beau.

Mais très franchement, cette année, ce qui m’a le plus frappé, c’est la légèreté (dont, franchement, on avait bien besoin) et le rire.

La mise en scène de Jean-Michel Fournereau est d’une drôlerie constante, précise, jamais gratuitement appuyée. Et même lorsqu’elle ose aller très loin, presque jusqu’à l’excès, c’est justement là qu’elle trouve sa finesse, parce que tout est maîtrisé.
Et entendre 4000 personnes rire ensemble, c’est quelque chose.
Un rire franc, partagé, presque physique. Ça fait du bien.

Et puis je me permets de livrer quelques émotions plus personnelles (c’est mon blog après tout) :

J’ai été très touché de voir Mathilde Clozier, assistante à la mise en scène, briller aussi sur scène, avec cette vitalité, cette grâce, cette présence si naturelle.
J’ai été touché aussi de voir tant de jeunes issus des chœurs d’enfants de La Musique de Léonie intégrer le chœur opéra, et retrouver sur scène quelque chose de la liberté, de la folie joyeuse, de l’élan qu’ils avaient déjà à 8, 10 ou 13 ans.
Et puis il y a aussi ceux qui ont depuis longtemps passé cet âge-là, mais à qui ce projet redonne, le temps de quelques soirées, une jeunesse de plateau. Quelque chose de très précieux.

J’avoue, j’ai pleuré de joie plus d’une fois.

Mais je reviens à cette sensation étrange :

Nous étions 4000.
Et pourtant, tout se passait – on aurait dit- à quelques mètres.
Comme si les regards, les gestes, les respirations circulaient librement, sans jamais se perdre dans l’espace immense du Zénith.

Je crois que c’est ça, au fond, qui me touche le plus dans cette aventure.
Peut-être même, tout simplement, ce que je viens chercher chaque année.
Cette capacité à fabriquer du collectif sans écraser l’individu.
À faire du grand sans perdre l’intime.

Quand on pense que plus de 700 personnes ont travaillé sur ce projet ! (je n’oublie pas les élèves de lycées professionnels qui font un travail merveilleux. J’ai eu la chance d’être assis devant 5 ou 6 d’entre-eux qui s’émerveillaient de voir la finalité de leur projet).
Quel bonheur !
Quelle leçon pour chacun de nous !

Merci à toutes et à tous.
Je suis trop heureux d’y retourner samedi et dimanche. Il reste des places, mais peu.
On s’y retrouve ?

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